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18.01.2008
Quelle croissance ?
La parution des préconisations de la commission Attali sur la croissance est imminente.
Dans une chronique récente, Robert Rochefort (Directeur du CREDOC) soulève un point important, rarement évoqué : « Et si la réalité- plus complexe- était qu’à la différence des économies anglo-saxonnes la France n’avait pas chevillée au corps la culture de la croissance à tout prix ».
Il est peut-être possible d’avancer encore dans le débat en distinguant la croissance potentielle et la croissance souhaitable.
La croissance potentielle (strictement économique):
Nous avons globalement un taux de croissance inférieur de un point par rapport aux autres pays « développés ». Tentatives d’explications :
-Les contraintes socio-économiques : le temps travaillé, la dette du pays, le poids de l’état, expliquent, pour partie les choses. Mais il faut aller plus loin.
-Dans notre pays de culture terrienne et catholique, par opposition à la culture commerçante et protestante des pays anglo-saxons, la croissance n’est peut-être pas un but en soi ?
-La croissance comporte un facteur psychologique, qui relève de l’espoir que l’on fonde en l’avenir. Or, revenus des grandes utopies idéologiques, le développement de l’esprit laminé par le culte de l’immédiateté et de la consommation, le progrès social contrarié par la progression des inégalités, la réponse au sens même de la vie détournée par la promotion médiatique du vide, la notion de bonheur écornée par la culture du pessimisme (regardons notre cinéma !), nous nous enfonçons dans le renoncement au « goût wéberien de l’avenir ».
Une catégorie de citoyens cultive sans doute l’espoir. Ce sont les chrétiens, puisque par définition, leur logiciel de fonctionnement repose sur l’espérance ! Mais combien de divisions disponibles pour mener le combat, sinon de l’espérance, du moins de la confiance !
La croissance souhaitable :
Comme l’argent, la croissance n’est pas un but en soi. Il faut cependant souligner qu’il ne peut y avoir de progrès social sans croissance économique.
Ce postulat posé, le taux de croissance est à moduler par beaucoup de facteurs, dont les quelques principaux sont probablement :
-La préservation d’un « Développement durable » ;
-La redistribution des fruits de la croissance (si on admet que les systèmes inégalitaires seraient les plus riches en croissance, ce qui reste à démontrer…)
-Le maintien du « temps familial » : ainsi le travail du dimanche, dans le but avoué d’accroître la croissance, pose t’il de véritables questions de société.
-La protection de « l’espace de vie » : attention à l’élimination des petits commerces des centres ville (projet Attali) ; attention à la déstructuration des zones rurales (réforme Dati de la justice de proximité, hôpitaux à suivre,…), etc
-La sauvegarde des « services publics » : dans l’intérêt des plus faibles, des plus précaires.
Ce programme de sauvegarde des « structures de vie » a un coùt, et donc, probablement, un impact sur le taux de croissance « pur ». Notre société doit faire des choix. C’est de la politique, au sens noble du terme. Faire des choix politiques exige d’en expliquer les enjeux aux citoyens. Ce n’est pas le cas. Viendront donc les frustrations, et une accélération de la défiance, et donc une diminution de la croissance.
Nous allons vers des temps sombres…
Jean Louis Lossouarn
21:42 Publié dans Actualité du MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem Guipavas, brest, BMO, landerneau, landivisiau, municipales




