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13.02.2008

Les Années Perdues

La chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages est le signe d’une défiance grandissante dans le pays.

Il y a 11 mois, devant la progression constante de François BAYROU dans les sondages, nous écrivions dans ce même blog (« Le Mouvement BAYROU : Rupture et Confiance ») :

« Pour celles et ceux qui ont suivi F.Bayrou… il y a seulement la cohérence d’un mouvement en marche, un mouvement de rupture, un mouvement de confiance.

Un mouvement de rupture :
Les Français comprennent qu’au-delà de son programme par rapport à l’emploi, les entreprises, l’école, l’exclusion, l’environnement, l’Europe, l’endettement du pays,….F.Bayrou propose surtout un projet de rupture avec l’alternance rituelle gauche/droite, strictement paralysante pour le pays.

Un mouvement de confiance :
-Quand on leur dit la vérité ;
quand on leur explique les enjeux des réformes à réaliser ;
quand on leur propose des mesures justes ;
les Français se sentent respectés, et ils reprennent confiance.

-Quand on leur dit que, à l’avenir, tous les partis politiques (réalisant plus de 5 % des voix) seront représentés au Parlement, les Français se disent qu’ils vont être écoutés, et ils reprennent confiance.

-Quand on leur dit qu’il ne sera plus possible d’accroître la dette du pays, parce l’interdiction de voter des budgets en déficit sera inscrite dans la Constitution, les Français sont moins inquiets pour l’avenir de leurs enfants, et ils reprennent confiance.

-Quand on leur explique que les promesses électorales sont d’un autre âge politique, qu’il faut avoir les moyens de les tenir, les Français comprennent, respectent l’honnêteté du candidat, et ils reprennent confiance.

A travers les ruptures qu’il propose, F.Bayrou veut combattre la désespérance des Français. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à comprendre son message d’espoir »


Que se passe t’il en ce début de Févier 2008 ?

Avec une grande déception et une lassitude « politique » quasi poignante, les Français constatent deux choses importantes :

1-La « rupture » n’a pas eu lieu :
-Les hostilités «gauche-droite » systématiques et paralysantes se perpétuent.
-Les revendications fortes et médiatisées obtiennent une satisfaction immédiate : Pêche, Taxis, Bar-tabac,…

2-Le retour à la confiance n’a pas eu lieu :
-Les Français savent aujourd’hui que le Candidat n’ avait pas dit la vérité en ce qui concerne la capacité du Président à améliorer leur pouvoir d’achat.

-Les Français savent que toutes les sensibilités politiques du pays ne sont pas représentées dans leur Assemblée Nationale, et que de plus, celle-ci n’a plus de pouvoir.

-Les Français savent que la dette du pays ne cesse de s’accroître. Le Président lui-même avoue que « les caisses sont vides » ! Les Français comprennent qu’on ne leur dit pas la vérité sur les efforts de redressement un jour (prochain) nécessaires.

-Les Français savent que les promesses électorales sont par nature douteuses. Une communication forte, organisée sur la durée (5 ans), d’essence sécuritaire, avait convaincu beaucoup de Français que, cette fois, ça changerait !

Or, que constatent-ils au bout de neuf mois ?
Le pays, encalminé par la querelle « gauche-droite », orphelin d’un projet politique enthousiasmant et cohérent, dirigé en fonction des résultats des sondages et des élections à venir, est immobile.
De plus en plus de Français ont l’impression que le bail de cinq ans qu’ils ont volontiers signé le 6 mai 2007, sera une nouvelle période « d’Années Perdues » pour le pays.

Nicolas Sarkozy avait pour première priorité de rétablir la confiance. C’est un échec.
Faire seulement ce constat n’avance à rien.
Mais rappelons nous pour l’avenir : il n’y a pas de politique efficace sans vérité, sans explication des enjeux, sans efforts partagés, sans justice et solidarité.

Jean Louis Lossouarn

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