03.02.2008

Promesses, tapage et désillusion

La Grande Manip

Chronique n° 4

Promesses, tapage et désillusion

Au bout de huit mois de mandat, Nicolas Sarkozy n’obtient plus dans l’opinion qu’un taux d’adhésion de 41% (dernier sondage de TNS-d’autres enquêtes de la même période lui donnent autour de 45% d’opinions favorables).
Fichtre ! Quelle décrépitude accélérée !
Surtout pour l’homme qui allait faire de la politique comme on n’avait pas fait de politique depuis…Napoléon 1er ! Giscard, Mitterrand, Chirac, des misérables qui n’ont rien compris à la manière dont on dirige un pays !
Surtout pour l’homme qui allait provoquer dans le pays « un choc de confiance » !
Surtout pour l’homme qui annonçait la rupture et les temps nouveaux pour le pays…

Le Résistant Léonard pointe trois raisons principales à cette catastrophe annoncée :
-Les promesses non tenues
-l’exhibition de la vie privée
-La fin d’un fantasme

« Les promesses aux trousses »
Sarkozy avait axé sa campagne sur les sujets racoleurs de la sécurité et l’argent. S’agissant de l’argent, le candidat, outre le slogan tapageur et ravageur « Travailler plus pour gagner plus », a eu une saillie verbale digne de tout postulant radical-socialiste au pouvoir : « Je serai le président du pouvoir d’achat ! ».
Sept mois plus tard (seulement sept mois plus tard !) notre hardi président avoue son incapacité en matière d’amélioration du pouvoir d’achat !
Etonnement chez les Français ! Frustration du peuple, qui se sent dupé. Dégringolade logique dans les sondages…
D’autant que les Français savent, ou sentent confusément -dans la valse permanente des annonces élyséennes, il est difficile de se retrouver- que beaucoup de réformes dites réalisées ne sont que des pâles copies de ce qui avait été annoncé (exemples, parmi d’autres : la réforme de l’université, le service minimum)
C’est donc toute la question de la nocivité des promesses électorales qui est posée.

François BAYROU, dont une des marques de la campagne avait été de faire peu de promesses, écrivait dans « PROJET d’ESPOIR» (page 95), au sujet de la dette du pays (domaine dans lequel Sarkozy restera peut-être vis-à-vis de l’histoire, l’homme qui aura fait basculer la France définitivement dans le déclin)
« Il est d’autant plus immoral d’ignorer la gravité de cette question (la dette du pays) et de conduire des campagnes électorales en continuant de promettre, en dépensant des dizaines de milliards par anticipation, dont nous n’avons pas le premier sou. Ce sont des chèques en bois, ou des chèques tirés sur le compte des plus jeunes d’entre nous, que seule l’ignorance des réalités empêche de manifester sous les fenêtres des candidats démagogues »

Dans le domaine des promesses électorales, Sarkozy aura été le petit empereur de la Grande Manip.


« Les Feux de l’amour ».
Les chroniqueurs de la presse « people » se sont régalés, et se régaleront encore.
Des journalistes politiques font remarquer que, pour un chef d’état, une vie de couple tumultueuse n’est jamais sans conséquence sur la conduite du pays.
Bon nombre de Français font comprendre, à travers les études d’opinion, qu’ils font le lien entre la nécessaire sérénité de la fonction présidentielle et la stabilité sentimentale du titulaire du poste.
La version élyséenne des « Feux de l’amour », en diffusion permanente à la télé, agrémenté d’une version papier dans les kiosques, a donné à beaucoup de Français, pour la première fois, comme un doute sur la compatibilité de l’homme élu président avec le sérieux requis pour la fonction.

« La Grande illusion ».
Nicolas Sarkozy a été élu sur la base de la Grande Manip de la Rupture (voire chronique 3).

Mais la vérité finit toujours par apparaître.
Il s’avère de plus en plus que l’activisme (le « mouvement perpétuel ») de l’hyperprésident, son mode de gouvernance absolutiste, ont pour objet de dissimuler l’indigence de la vision et la carence de la méthode.
De plus en plus de Français ont un doute sur le casting.
Pour la première fois depuis le 6 mai 2007, une majorité de Français se demandent si N.Sarkozy est l’homme de la situation. C’est la fin d’un fantasme. Un fantasme créé de toutes pièces par la Com.sarkozyenne, qui nous avait seriné, sur tous les modes, que l’Alto-Séquanais était l’homme providentiel dont le pays avait besoin.
Déception, doute des Français, devant un homme sans doute capable de superposer mécaniquement des petites réformes, mais qui n’a pas de projet pour la France.

Cette désillusion croissante aura des conséquences néfastes sur la confiance nécessaire au redressement économique et sur l’intérêt porté par les Français à la politique.

Cette chronique poursuit deux objectifs :
-Informer sur les dérives en cours du pouvoir.
-Montrer qu’une action politique qui n’est pas basée sur la sincérité des intentions et sur la vérité du langage est vouée à l’échec.

Les vrais démocrates, ceux qui veulent que la vérité soit dite aux Français, ceux qui ne veulent pas d’une société dont le fondement est seulement l’argent, ceux qui veulent que les Français soient associés aux décisions qui les concernent, ceux qui privilégient l’action dans la durée aux exploits « sondagiers » et électoralistes, ceux qui veulent mettre en œuvre un programme politique basé sur la justice et la solidarité, ceux qui, enfin et surtout, veulent mettre l’homme au centre de l’action politique, ceux-là veulent, avec François BAYROU, résister.

Le Résistant Léonard