27.01.2008
Interview de François Bayrou (hebdomadaire l'Express)
À quoi pouvez-vous servir aujourd’hui ?
À y voir le plus clair possible sur ce que la France est en train de vivre. Et à préparer un autre projet de société.
- Comment définiriez-vous le Sarkozysme ?
- D’abord un projet politique : l’alignement de la France, le plus vite possible, sur le modèle de société qui domine la mondialisation, le modèle américain. Ensuite, une conception du pouvoir, qui tire la fonction présidentielle vers le star system, la société du spectacle, et la connivence avec les puissants, les plus riches et les plus célèbres. Et au fond, sur ces deux points, je défends l’exact contraire : contre le modèle dominant dans le monde, l’avenir du modèle républicain français, et contre le pouvoir spectacle, la confiance aux citoyens.
- À quoi identifiez-vous le modèle américain ?
- On dit américain pour faire image. Mais ce modèle avance partout. Et il a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la com’, la démagogie people.
- Commençons par ce que vous appelez « l’inégalité croissante »…
- C’est un basculement de l’histoire. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on vivait dans tout l’occident avec l’idée que le progrès allait faire reculer les inégalités. Et cette idée transcendait tous les clivages politiques. Mais au tournant des années 80, sans qu’on s’en aperçoive clairement, un autre modèle a pris le pouvoir, une autre idéologie, pour qui le vrai moteur du progrès, ce sont les inégalités. Il est donc vain de prétendre les faire reculer. Au contraire, il faut les légitimer ! Ainsi le monde financier fait des fortunes foudroyantes, l’imposition sur les successions disparaît, le dumping fiscal règne en maître, pour mettre ces inégalités à l’abri de l’État. Ne vous trom-pez pas : en termes matériels, ce modèle a été extraordinairement efficient. Mais, au bout du chemin, il ruine l’idée de société, du vivre ensemble.
- Quels sont les ressorts de ce modèle de société ?
- Il repose sur un système de valeurs selon le-quel l’argent est la mesure du succès. Nicolas Sarkozy le répète sans cesse : il veut « réconcilier la France avec l’argent », parce que argent = réussite. Pour séduire et dompter l’esprit des citoyens, le moyen c’est la com-munication : les politiques se comportent comme les vedettes du show-bizz, mettant en scène du pathos, des amitiés avec des vedettes, des amours en roman-photo. Le but est de détourner l’attention des citoyens, pour que, aveuglés par les flash et les projecteurs, ils ne regardent plus l’essentiel. S’y ajoute la connivence entre puissances financières, médiatiques et pouvoir politique. Là encore, le modèle est américain. Aux Etats-Unis, l’argent influence le pouvoir par le financement des campagnes. Chez nous, c’est via les groupes de médias que son influence se déploie. Je crois que Nicolas Sarkozy a très tôt compris la puissance de telles ententes et décidé de s’en faire le complice, ou l’instrument. C’est la signification de l’incroyable nuit du Fouquet’s, de l’étalage de yachts et d’avions. Pour moi, tout cela, ce n’est ni la République, ni la France.
- Vous utilisez souvent, à propos de Nicolas Sarkozy, l’adjectif « puéril ». Diriez-vous qu’il est un président puéril ?
- Parfois. S’il est une fonction qui exige la sagesse, c’est la fonction présidentielle. « Du passé, faisons table rase », on sait depuis longtemps que ça ne marche pas, même les révolutions n’y parviennent pas. J’ai entendu, par exemple, annoncer qu’on allait tout remet-tre en cause dans l’organisation de l’hôpital. Une fois de plus ! On a fait quatre ou cinq lois de suite et la dernière n’est toujours pas digérée. On va recommencer ? De même, remettre en cause les principes de la laïcité, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Prétendre que l’on peut tout changer à la fois, entreprendre toutes les réformes en même temps, alors que la so-ciété est si complexe, cela a un côté enfantin. Montherlant a donné à l’une de ses pièces un titre tiré de la Bible : « la ville dont le prince est un enfant ». Mais le vrai texte de l’Ecclésiaste, c’est : « malheur à la ville dont le prince est un enfant. »
- Mais il redéfinit la fonction présidentielle…
- Ma vision est tout autre : la fonction prési-dentielle, ce n’est pas s’occuper de tout, mais de l’essentiel. Ce n’est pas « je communique à tout va », mais « j’inspire confiance », c’est s’arrêter pour réfléchir, c’est se protéger et pro-téger le pays contre l’actionnite désordonnée. Laisser à d’autres le court terme et penser le long terme. Ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France.
- Quelles sont aujourd’hui vos relations per-sonnelles avec le Président ?
- Je n’ai avec lui aucun problème personnel. Je n’en ai jamais eu. Il y a des côtés de sa personnalité qu’il m’arrive de trouver sympathiques. Il le sait, je le lui ai dit. Mais j’ai un problème politique de fond qui tient aux valeurs de son projet, et à sa manière de concevoir le pouvoir. Et une divergence sur les valeurs, c’est plus grave et plus profond qu’un désaccord sur les programmes.
- Par sa parole au moins, estimez-vous que le chef de l’État provoque une rupture ?
- Je juge davantage les faits que les mots. Je sais que l’on peut mettre les mots à toutes les sauces. On peut sortir des citations époustou-flantes pour dire le contraire de ce qu’on fait. Camus a une phrase magnifique. Il dit : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Par exemple, à quoi bon dire « politique de civilisation » quand précisé-ment on abandonne la civilisation face au ma-térialisme ambiant ? À quoi bon parler de « démocratie exemplaire » quand la réalité c’est la fin de la séparation des pouvoirs et la prise de contrôle des médias par une entente de groupes connivents ?
- En matière de politique économique, repro-chez-vous à Nicolas Sarkozy d’être trop libéral ou pas assez ?
- Ce qui domine, c’est la confusion. Il y des annonces dans tous les sens et peu de visibili-té dans sa politique économique. La vertu du libéralisme, ce sont des règles précises et ri-goureuses : la séparation des pouvoirs, l’équilibre entre les pouvoirs, l’interdiction de mélanger l’État et l’économie. Aucune de ces règles n’est respectée en France. Quand il an-nonce qu’il va faire voter une loi pour imposer aux entreprises de distribuer aux salariés un tiers de leurs profits, c’est faire comme si les entreprises étaient toutes les mêmes ! Vous voyez Total distribuer à ses salariés 4 mil-liards d’Euros ? En revanche, reporter aux calendes grecques l’effort sur le déficit et sur la dette, alors qu’il pouvait y avoir un consensus national sur cette question, c’est faire une faute. Choisir la facilité sur cette question, c’est une faute qui marquera le début du quin-quennat.
- Quand vous l’entendez affirmer à propos du pouvoir d’achat qu’il ne peut pas « vider des caisses déjà vides », traduisez-vous que l’heure du renoncement a sonné ?
- C’est simplement la revanche de la réalité face à des promesses purement et simplement intenables.
- Revendiquez-vous l’étiquette de « premier opposant à Nicolas Sarkozy » ?
- Ce genre de cliché ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un opposant mécanique, systémati-que. Simplement, je ne cède pas un pouce de terrain, quoi qu’il m’en coûte, quand je consi-dère que l’essentiel est en jeu.
- Êtes-vous à équidistance de l’UMP et du PS ?
- Leur perpétuelle opposition est d’un autre temps. Regardez la crise des socialistes. Re-gardez la mise en scène de Blair par l’UMP. La question qui va venir, si je ne me trompe pas, est celle de la reconstruction, sur des ba-ses saines, du modèle républicain français. Et ce jour-là, il faudra des reconstructeurs venus de tous les grands courants de la démocratie française.
- Divisions à Paris, Lyon, Strasbourg… Le MoDem c’est « moins on est nombreux, plus on se dispute » ?
- C’est vrai que l’arrivée de dizaines de milliers d’adhérents nouveaux, exigeants, c’est un changement de culture. Mais pour moi, c’est un bonheur. Et dans toutes ces villes, au bout du compte, nous serons présents, autonomes et rassemblés.
- Si vous échouez aux municipales de Pau, arrêtez-vous la politique ?
- Je n’ai pas l’intention d’échouer. Mais je n’en fais pas un test national. C’est une ville à qui on ne parle pas comme à une autre. Pour vous, c’est une ville moyenne, de province. Mais pour nous, c’est une capitale, qui a une grande histoire et je crois un grand avenir. Nous, nous la regardons avec d’autres yeux. Nous avons besoin que la ville se porte bien, qu’elle vise haut. Chez nous, il y a une fierté. La ville a eu une grande histoire d’amour avec quelqu’un qui sortait de l’ordinaire, André Labarrère. Elle sait que c’est le moment pour elle d’en commencer une autre. Mais elle veut que ce soit une autre grande histoire. Pas du banal. Vous voyez, ce n’est pas de la politique comme vous l’entendez. C’est plus humain. Et je vais y mettre, ces prochaines années, toutes mes forces.
- Ségolène Royal est-elle aujourd’hui pour vous une alliée ou une rivale ?
- Ma situation n’est pas facile, la sienne non plus. Je trace un chemin nouveau. Son chemin, plus classique, est barré par une crise grave. La crise du PS est dans son nom même. Imaginez-vous un responsable du PS venir à la télé et déclarer : « l’avenir de la France, c’est le socialisme ! » Si vous ne pouvez pas prononcer une telle phrase, alors vous ne pouvez plus vous appeler Parti Socialiste… Et derrière cela, il y a la question des alliances. Pour moi, je n’ai pas ce type de question : si la désillusion est à la mesure de ce que je crois, il faudra que tous les recons-tructeurs se réunissent. Il faudra faire travailler ensemble des démocrates, des socialistes, des républicains, y compris de droite, par exemple des gaullistes qui sont aujourd’hui plein de doutes et de questions.
- Il y a un an, vous vous apprêtiez à décoller dans la campagne présidentielle. Qu’avez-vous raté pour ne pas être au second tour ?
- L’obstacle que je n’ai pas réussi à franchir, je le connais. C’est le remords du 21 avril 2002, qui pesait si fortement sur la gauche. Beaucoup d’entre eux, au fond, savaient que Ségolène Royal serait battue. Mais ils ne supportaient pas l’idée que le PS soit absent, pour la deuxième fois, du second tour. Dans l’avenir, la question se posera différemment.
- Une chose que Nicolas Sarkozy vous a apprise ?
- Le mouvement perpétuel. Mais pour aller où ?
- De Ségolène Royal ?
- Que l’image ne suffit pas.
- Une chose que vous apprend Barak Obama ?
- Si l’on veut offrir une alternative, il faut se tenir loin du système qu’on veut remplacer.
12:58 Publié dans Actualité du MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Modem 5e circonscription du Finistère, municipales, Lesneven, Landerneau, landivisiau, Plouguerneau, guipavas
26.01.2008
La Grande Manip
Chronique n° 3
La Rupture
Homme de droite comme Jacques Chirac, homme de l’UMP comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n’avait aucune chance de se faire élire s’il n’annonçait pas un tsunami politique appelé Rupture. « Rompre avec l’immobilisme » devenait un des slogans favoris de la campagne…Mais où est la rupture ??? Sinon que le pouvoir démocratique est confisqué et que le pouvoir d’achat baisse…
Le Résistant Léonard pointe trois domaines, parmi d’autres, dans lesquels non seulement il n’y a aucune évolution favorable, mais qui connaissent plutôt une régression :
-La croissance économique
-La vie dans les banlieues
-la politique africaine
La croissance économique
Le fameux « choc de confiance » allait propulser la croissance à 3%. Nous serons plus près de 1,5% ! A vrai dire c’est la confiance qui a reçu un choc ! Elle passe de 65% à 45 % en quelques mois ! Or la confiance est sans doute le plus puissant moteur de la croissance.
Sarkozy a tout faux.
Comment pouvait-il en être autrement ? Au lieu de dire la vérité aux Français sur la situation du pays, et de leur expliquer les efforts nécessaires, voilà un homme qui fait des promesses démesurées pendant sa campagne, donne de l’argent aux plus privilégiés dès qu’il est élu et vidant ainsi pour de bon les caisses de l’Etat, se prive de toute marge de manœuvre pour investir dans l’avenir.
Sarkozy devra être tenu pour responsable d’une faute économique grave.
En effet, au lieu de distribuer l’argent que le pays n’avait pas (se rappeler le coup de force de notre nouveau président, allant expliquer aux ministres des finances européens que si on voulait un « choc de croissance » en France - qui forcément aurait des ondes salutaires en Europe - il fallait que la France s’endette bien au-delà des normes afin de distribuer de l’argent aux plus aisés - argent que ces derniers se sont empressés d’épargner…), il fallait investir massivement dans la « Recherche et le développement », afin de créer des produits nouveaux, accroître la productivité des entreprises et ainsi commencer à restaurer leur compétitivité ( Le déficit de la balance commerciale du pays s’élevait à 40 milliards d’euros au 31 décembre 2007 ! une situation gravissime …)
Une telle politique d’investissement n’intéresse pas Sarkozy. Elle n’a pas d’effet immédiat ! Pensez donc, pour les sondages ! Pour la communication ! Communiquer sur des efforts, sur de l’investissement ! Une telle ascèse ne fait pas partie de l’esprit du « Château » tourné vers le « bling-bling ». Plus grave peut-être: l’homme Sarkozy très centré sur lui (« moi je »,…) et sur l’immédiateté, a -t’il un tempérament d’investisseur ?
Sarkozy a tout faux.
Il n’a pas pris les moyens de remettre notre économie sur les rails et il a quand même de mauvais sondages !
Il pensait peut-être : «les caisses sont vides ! mais les magazines vont être pleins ! »
Ca ne marche pas non plus. Les « Feux de l’amour », les Français commencent à connaître !
La situation économique est d’autant plus grave qu’elle débouchera forcément sur un plan d’austérité qui, lui, sera supporté par tous les citoyens. Comme toujours, la « rigueur » touchera bien plus les personnes à faible revenu.
Il n’y a pas de « rupture » avec le caractère mollasson de notre économie ; il y a accentuation des difficultés économiques…C’est de la « Grande Manip » !
Les citoyens qui ont la chance, et la volonté, d’avoir le minimum d’informations qu’il est encore possible d’avoir ne sont pas rassurés…
A suivre
Le Résistant Léonard
14:11 Publié dans Actualité du MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mmodem 5eme circonscription du Finistère
25.01.2008
N.Sarkozy met toute son énergie a isoler F.Bayrou
Marielle de Sarnez, candidate MoDem à la mairie de Paris, a estimé lundi sur LCI, que Nicolas Sarkozy mettait "toute son énergie" à tenter d'"isoler" François Bayrou, au lieu de "s'occuper des vrais problèmes du pays". "Je préfèrerais que Nicolas Sarkozy s'occupe des vrais problèmes du pays", a-t-elle affirmée, ajoutant : "On va avoir des gros problèmes économiques, on va avoir des lendemains qui ne vont pas du tout chanter." "Honnêtement,
pour moi, un président de la République c'est quelqu'un qui doit se concentrer sur l'essentiel,notamment sur le fait de tenir ses engagements (...), je pense au pouvoir d'achat, à l'emploi. Je préfèrerais qu'il s'attelle à ça plutôt qu'à de petites combines de toute petite politique politicienne". "Par exemple, demain" le président de la République "va à Pau pour soutenir le candidat, maire socialiste, que l'UMP a investi.Franchement, on marche sur la tête" a souligné
Marielle de Sarnez
14:18 Publié dans Actualité du MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem
23.01.2008
Mme Davesne de St Derrien candidate du Modem aux cantonales
Mme DAVESNE demeurant à Kerhoant à St DERRIEN est candidate aux cantonales
Elle est infirmière libérale. Son remplaçant est Ernest PENN de PLOUGOURVEST. L'équipe de campagne est constituée et est composée de : Claudio PERRONE, directeur de campagne et le mandataire financier est Jean René KERRIEN
11:44 Publié dans Actualité du MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem Guipavas, brest, BMO, landerneau, landivisiau, municipales
Bref échange entre Sarkozy et Bayrou à l'aéroport de Pau
PAU, 22 jan 2008 (AFP) -
Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont eu un bref
échange mardi à l'aéroport de Pau, où le président du Mouvement démocrate
(MoDem) faisait partie des invités à l'accueil protocolaire organisé pour le
président, a indiqué à l'AFP un des participants.
Les deux ex-candidats à l'élection présidentielle se sont salués et le chef
de l'Etat a dit à M. Bayrou: "naturellement, tu viens avec nous" pour le
reste de la visite, a relaté ce participant.
Le député des Pyrénées-Atlantiques a décliné, car "les parlementaires n'ont
pas été invités". "Je suis venu à l'aéroport car je suis très attaché au
respect des principes républicains", a-t-il précisé.
"Les principes républicains c'est bien, mais il y a aussi l'amitié", a
observé M. Sarkozy.
"J'ai pu vérifier que l'amitié prenait des formes diverses", a répondu le
"troisième homme" de la présidentielle, qui a vu ces derniers mois nombre de
ses proches se rallier à Nicolas Sarkozy.
M. Bayrou est candidat à Pau aux municipales, où l'UMP soutient une "liste
d'ouverture" conduite par le maire sortant Yves Urieta, ex-PS.
MM. Sarkozy et Urieta se sont ensuite rencontrés au groupement de
gendarmerie du département, et non à la mairie comme initialement prévu.
Une cinquantaine de personnes ont manifesté à l'appel notamment du PCF près
de la mairie, dont elles étaient tenues à l'écart par les forces de l'ordre,
pour protester contre la venue annoncée du chef de l'Etat, selon des
témoins.
paj-dp/so/abx
11:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Modem finistère




